Alleluia!

Je vous ai fait part, récemment, de la difficulté à trouver un médecin référent dans la ville de Castres où je viens d'emménager. "7000 personnes en liste d'attente!" m'avait informée la secrétaire d'un groupement de généralistes.

De quoi en décourager plus d'un mais pas moi. Je suis tenace et ne m'avoue pas vaincue tant que je n'ai pas tout essayé. Et ça a payé!

Passant dans une ruelle de la vieille ville, mon oeil, attiré par toutes les plaques apposées près des portes cochères, tombe sur celle d'un médecin au nom à consonnance étrangère. J'entre et tombe sur une salle d'attente bondée avec des enfants gesticulant et galopant dans tous les sens. Nous sommes un mercredi après-midi. Dans un coin de la pièce, une secrétaire, téléphone à l'oreille, tente de comprendre son interlocuteur. Après avoir raccroché, elle m'interroge. Je lui explique que, venant de m'installer dans la ville, je suis à la recherche d'un médecin référent. A mon grand étonnement, elle me donne un rendez-vous pour la semaine suivante. J'apprends que le généraliste est une femme et qu'elle dirigeait, il y a peu, le service d'urgences d'une clinique privée.

J'arrive au rendez-vous avec le Dr R munie d'un document sur lequel j'ai retracé les grandes lignes de mon parcours sanitaire: antécédents médicaux et chirurgicaux, traitements en cours, allergies.

Le Dr R, dont un petit tableau de Madagascar sur son bureau m'apprend qu'elle est d'origine malgache, ne manifeste aucun enthousiasme devant ma candidature. Son regard au-dessus du masque est peu amène. Après m'avoir dit qu'elle était débordée, elle accepte de m'intégrer à sa patientèle tout en me précisant qu'elle ne se déplace pas à domicile. Ce qui est désormais le cas de la plupart de ses confrères et consoeurs. Toutefois, sachant que je ne peux pas téléphoner, elle me donne le N° de portable de sa secrétaire qui fera le lien entre nous.

En sortant du cabinet du Dr R,  j'ai le sentiment d'avoir accompli un exploit: j'ai trouvé un médecin généraliste 2 semaines seulement après mon arrivée dans la ville. Mes parents, médecins dans cette même ville de Castres, doivent se retourner dans leur tombe...enfin, s'ils en avaient une car ils avaient fait don de leurs corps à la science. Médecins jusqu'au bout!

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