La 1ère année de médecine: une usine à gaz!

La formation de nos futurs médecins nous concerne tous. Les toutes dernières conditions d'entrée dans les études médicales ressemblent à un parcours du combattant et nécessitent une bonne dose de motivation et de persévérance.

Jusqu'à il y a peu, l'entrée en médecine était soumise à un concours au terme d'une année d'intense bachotage. Qui dit concours, dit nombre de places limité, ce que l'on appelait le "numerus clausus", le nombre clôt. Seuls 20% des étudiants, dont une majorité de redoublants, franchissaient le cap de la 1ère année.

Placées devant un dilemme, le manque flagrant de médecins et le pourcentage démesuré de réussite au baccalauréat, les autorités universitaires se devaient de débloquer le "numerus clausus", désormais baptisé "numerus apertus", nombre ouvert, tout en maintenant une sélection. Traduisez:" J'ouvre mais pas trop". Il en résulte une réforme de la 1ère année où le(la) candidat(e) va devoir slalomer entre diverses options.

Ainsi, la 1ère année devient un "portail santé" où le redoublement n'est pas permis. L'évaluation ne se fera plus 2 fois par an par les seules QCM (Questions à Choix Multiples) qui n'avaient pour mérite que de sélectionner les futurs médecins sur leur capacité à ingurgiter et régurgiter des sommes de données et ça, c'est positif. A la place, retours aux partiels avec des écrits et des oraux. Si l'étudiant n'est pas sélectionné pour entrer en médecine mais a obtenu la moyenne à ces partiels, il pourra choisir une matière dite "mineure" (?) comme la biologie ou la chimie. 

Par ailleurs, des passerelles seront établies pour permettre aux étudiants en licence (de droit, de maths d'histoire etc...) qui le souhaiteraient de se présenter aux épreuves d'admissibilité en 2ème année de médecine, de pharmacie ou de dentaire. Même processus pour les formations de 3 ans conduisant à un diplôme d'état d'auxiliaire médical, comme les infirmier(e)s. Ces filières indirectes pour entrer en médecine seront contingentées. 

Objectif de cette réforme de la 1ère année de médecine: augmenter de 20% le nombre des médecins. Encore 8 à 10 ans à patienter!

Devant la complexité de la situation et surtout en raison de l'impossibilité désormais de redoubler cette fameuse et redoutable 1ère année, beaucoup de futurs étudiants cherchent à s'inscrire dans les universités de médecine de la communauté européenne où la sélection est moins drastique et les diplômes reconnus par la France. La Belgique qui a vu ainsi affluer un grand nombre d'étudiants français est en train de leur fermer ses portes. L'un de mes amis, médecin, s'est mis en quête d'une fac de médecine pour sa fille jusqu'en ...Hongrie!

Commentaires (1)

Bil
  • 1. Bil | 03/03/2021
Merci pour ce compte-rendu sur l'évolution de.l'entree en médecine...je me demande si toutes ces réformes d'admission seront salutaires pour notre médecine..
Françoise (bil)

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