Et si l'on parlait de sexualité?

L'une des conférences du congrès de Nice concernait la relation entre la nutrition et la sexualité, relation étroite puisque l'on retrouve de 30 à 50% d'antécédents de traumatismes sexuels dans les troubles du comportement alimentaire.

Les études le prouvent: l'altération de la sexualité modifie négativement le comportement alimentaire. Ainsi constate-t-on chez les anorexiques une faible estime de soi corrélée à une faible activité sexuelle.

Ce sujet, la sexualité, reste tabou dans la consultation médicale. Les médecins n'osent pas l'aborder de peur de faire intrusion dans la vie privée de leurs patients. Pourtant, un sondage a montré que 70 à 80% de ces derniers aimeraient en parler avec leur praticien si celui-ci en prenait l'initiative. Osons oser!

A l'inverse, j'ai demandé à l'un des intervenants si la modification du mode alimentaire agissait sur l'activité sexuelle. En d'autres termes: le fait de se nourrir par sonde a-t-il un effet sur la libido? Je ne vous surprendrai pas en vous révélant qu'aucune enquête n'a été faite sur le sujet.  Pour ma part, je pense que la sexualité est intimement liée à l'état général. Quand on ne va pas bien, on n'a ni la tête ni le corps à ça. En revanche, quand on récupère des forces et que l'on se sent beaucoup mieux, notemment grâce à la gastrostomie, il n'y a pas de raisons, gastrostomisés ou pas, de se priver du plaisir de la chair à défaut de celui de la chère.

Je vous conseille de lire sur le forum, rubrique "Autres", le témoignage de 2 hommes dont les compagnes sont gastrostomisées. La présence du bouton n'a en rien altéré leur plaisir ni celui, semble-t-il, de leur partenaire. Juste un conseil au passage: attention à ne pas arracher la sonde ou le bouton lors des ébats!

Conclusion: la gastrostomie ne sonne pas la fin de la vie sexuelle!

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