Anecdote

J'ai été amenée, la semaine dernière, à faire la connaissance d'un couple de Belges, installé dans ma région, qui m'a chaleureusement accueillie dans sa maison , au coeur d'un village ancien adossé à la Montagne Noire.

Peut-être certains d'entre vous connaissent-ils Sorèze, dans le Tarn, bourgade médiévale en pays de Cocagne, réputée pour son abbaye-école bénédictine, témoin de 12 siècles "d'intelligence et de mémoire". Sur les bancs de celle-ci, quelques fonds de culotte aujourd'hui célèbres se sont frottés, ceux, entre autres, de Claude Nougaro, Hughes Aufray ou les frères Bogdanof.

Il fait chaud, mardi dernier, et tout nautrellement, mes hôtes, Jacques et Hilde, me proposent un rafraîchissement. Je refuse mais ils insistent:" Du thé, du café, un jus de fruits frais?". A mes réponses négatives, Hilde rétorque:" Avec cette chaleur, il faut boire! C'est une nécessité!". Je me sens alors obligée de parler de ma gastrostomie et de mon impossibilité à avaler quoi que ce soit, pas même ma salive. Mes hôtes sont sidérés. Ils ne comprennent pas. Ils pensent que c'est provisoire. Je leur explique que cela fait 23 ans que je me nourris par sonde et que c'est irreversible. "Mais comment c'est possible? s'exclame Hilde avec son caractéristique accent belge. Vous ne savez plus du tout manger?" Je rappelle qu'en Belgique savoir=pouvoir. Jacques et Hilde sont en train de découvrir l'existence des gastrostomisés et me posent mille questions. Ce couple, très amateur de bonne chère et de cuisine française, est littéralement consterné par une vie sans plaisirs de la table. Hilde a cette charmante remarque:" C'est pour ça que vous êtes si mince, Françoise!". Eh oui, Hilde, j'ai le même poids qu'à 18 ans....le seul petit point positif de la situation.

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